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Avis d'experts

Convaincre les praticiens d'utiliser le DPI de l'établissement pour leur activité libérale de consultation

Ressources associées

Démarche

D2 - Dossier patient informatisé interopérable

Personne ressource

Elise MORICHON

Personne ressource

Wilfrid BENARD

Personne ressource

Gilles HERENGT

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Cet avis d’expert a été rédigé par Christian PRUDHOMME, expert numérique à l’ANAP.

La gestion des dossiers de spécialité des praticiens, au sein de l’établissement de santé, est maintenant souvent assurée par le DPI de l’établissement de santé.

Il n’en va pas de même pour l’intégration de l’activité libérale de consultation des praticiens de l’établissement, dans le DPI, qui reste exceptionnelle.

Pourtant de plus en plus d’éditeurs de SIH proposent dans leurs gammes des modules complémentaires, parfaitement intégrés et communicants, qui permettent de prendre en charge l’activité libérale du cabinet des praticiens, déjà utilisateurs du DPI de l’établissement.

Ce choix, lorsqu’il est possible, ne va pas de soi, même s’il existe des leviers susceptibles de convaincre du bien-fondé de cette démarche aussi bien les directions d’établissements que les praticiens. Cet avis d’expert s’adresse donc aux directions d’établissements dont le DPI dispose de modules permettant la gestion de dossiers de consultation dans un cabinet de ville (ou éventuellement dans l’établissement). Il s’agit de leur exposer l'intérêt d’utiliser ces modules, et de les aider à en convaincre leurs praticiens.

Les praticiens concernés sont essentiellement ceux qui sont en exercice exclusif dans l’établissement.

L’indispensable échange d’informations et de documents entre l’activité libérale du praticien et son activité « hospitalière » est largement simplifié par l’utilisation du même logiciel dans son cabinet et dans le service de soins où il intervient.

Sans intégration automatique, l’établissement de santé doit souvent les enregistrer manuellement dans chaque dossier patient puisqu’ils constituent une partie des indicateurs qualité IQSS ou HN qui sont pris en compte dans la certification HAS, l’IFAQ et le CAQES. Les praticiens sont aussi concernés dans les forfaits structure insérés dans leur convention 2016-2021 signée avec l’Assurance Maladie.

Or, souvent le praticien cloisonne par habitude les deux facettes de son activité, alors que c’est bien le même patient qui consulte au cabinet puis est pris en charge en établissement de santé et revient plus tard en consultation.

La direction de l’établissement est souvent aussi réticente à ouvrir l’accès de son DPI aux praticiens pour leurs activités libérales.

En définitive, il s’agit de convaincre le praticien de modifier son organisation et l’établissement d’engager des dépenses supplémentaires, ce qui ne peut se justifier que si des bénéfices sont perçus par les 2 parties.

Des craintes légitimes

Si ces réticences trouvent en partie leurs racines dans la culture libérale de la médecine, elle est aussi l’expression de craintes réelles et légitimes du praticien et de la direction de l’établissement de santé en ce qui concerne :

  • L’évolution possible des relations contractuelles entre le praticien et l’établissement de santé.

  • La possibilité et la sécurité de liaison entre l’établissement de santé et le cabinet du praticien qui se trouve en dehors des murs de l’établissement.

  • L’utilisation raisonnée par le praticien des ressources informatiques mises à sa disposition.

  • La qualité des réponses fonctionnelles des DPI d’établissement pour les activités de consultations et en particulier pour la facturation et le suivi de la gestion de l’activité libérale.

  • La possibilité pour le praticien, à partir du DPI de l’établissement, d’alimenter le DMP et d’expédier avec la messagerie sécurisée de santé les courriers et documents aux correspondants.

La compréhension et la prise en compte de ces éléments permettent de progresser vers une utilisation partagée des logiciels utilisés, gage d’amélioration de la sécurité et de la qualité de la prise en charge des patients.

Il conviendra aussi de prendre des précautions particulières si le DPI de l’établissement est installé en interne sur des serveurs afin de bien respecter la réglementation sur l’hébergement des données de santé et le RGPD.

Les freins organisationnels

Le projet de partager le même applicatif dans l’établissement de santé et dans le cabinet de consultation du praticien n’est pas une évidence et l’organisation en place devra nécessaire être revue.

Il est nécessaire de mener des réflexions partagées entre l’établissement de santé et les praticiens concernés par le projet pour instaurer un climat de confiance.

Il est indispensable de prendre en compte les points suivants :

  • Le choix du DPI par l’établissement de santé doit se faire en concertation avec la communauté médicale avec prise en compte des spécificités de l’activité libérale.

  • Il faut contrôler l’usage éventuellement excessif des ressources réseau et informatiques de l’établissement par le praticien : stockage de données, transfert d’images, connexions internet.

  • Le partage des données de la clientèle de consultation du praticien avec d’autres praticiens de la même spécialité ou de spécialités différentes doit être étudié.

  • Le « client » du praticien reste le « sien » tant qu’il n’est pas pris en charge en hospitalisation, il faut donc organiser le niveau d’étanchéité des données de la clientèle libérale et de la base patient établissement

  • La charte de création des identités patients doit être partagée et respectée par le praticien et/ou son secrétariat pour que les risques liés à l’identitovigilance soient limités.

  • La sécurité des données du Praticien qui est assurée par l’établissement de santé, doit être complétée par l’existence d’un Plan de Continuité et de Reprise de l’activité.

  • La crainte de ne pas être en mesure de récupérer les données en cas de changement de DPI de l’établissement ou de changement d’établissement par le praticien doit être levée.

Les écueils techniques et fonctionnels

Le partage du DPI de l’établissement de santé par le praticien pour son activité de consultation dans son cabinet ne peut se faire que si le l’éditeur a prévu ce type de fonctionnement.

En fonction du mode d’exercice des praticiens libéraux, mono ou multi-établissements de santé, en cabinet indépendant ou en groupe, avec un secrétariat individuel ou partagé, les prérequis techniques et fonctionnels à valider seront différents.

Il sera par exemple impossible, compte tenu des possibilités fonctionnelles pour un praticien multi-établissement, d’utiliser un même DPI installé dans plusieurs établissements voire des DPI différents.

Il conviendra de s’assurer, si cela fait partie des attentes des praticiens :

  • De la reprise dans le DPI des données du logiciel de cabinet utilisé auparavant par le praticien.

  • D’une connexion sécurisée au DPI de l’établissement depuis le cabinet et sur des dispositifs mobiles.

  • De fonctionnalités du DPI adaptées à la spécialité du praticien.

  • De la compatibilité DMP et Messagerie Sécurisée de Santé du DPI de l’établissement.

  • De l’intégration dans le DPI, des fonctionnalités de FSE (Feuille de Soins Électronique) et de traitement de la facturation et de la comptabilité de l’activité de consultation.

  • De l’existence d’un agenda à la fois pour les consultations et pour la planification des actes opératoires qui prenne en compte la disponibilité des salles ou des dispositifs médicaux.

  • De la possibilité de gérer des cabinets multi-praticiens.

  • D’être en mesure de prendre des rendez-vous sur plateforme web.

Un fonctionnement gagnant-gagnant

Pourtant, l’établissement peut mettre en valeur des avantages pour les 2 parties.

Pour l’établissement de santé Pour le Praticien
Implémentation plus facile des nouveaux usages de la messagerie sécurisée MSanté et du DMP Fourniture clé en main d’une solution par l’établissement de santé, plus économique, moins chronophage
Dossier patient établissement plus complet puisque les documents sont directement intégrés Investissement réduit pour le praticien, limité au seul environnement des postes de travail au cabinet.
Fidélisation du praticien par l’établissement de santé Accessibilité à ses données aussi bien dans son cabinet que sur les postes de travail de l’établissement.
Respect des obligations Convention Assurance Maladie, Certification HAS, IFAQ, CAQES, HOP’EN plus simple aussi bien pour le praticien que pour l’établissement

Quelques actions à conduire pour inciter les praticiens à utiliser le DPI de l’établissement

Certaines dispositions permettent de faciliter l’acceptation du DPI par les praticiens de l’établissement.

  • Intégrer dans le Contrat d’Exercice Libéral du praticien des clauses qui précisent les modalités de la mise à disposition du DPI, les moyens de sécurisation des données, l’assurance de la non-diffusion des données de consultation aux autres praticiens ainsi que la garantie et les modalités de récupération de données exploitables en cas de départ.

  • Engagement de l’établissement à transmettre au praticien les documents nécessaires qui lui permettront de prétendre aux financements des forfaits structures prévus à la convention Assurance Maladie 2016-2021.

  • Réaliser le bilan précis de l’économie financière réalisée par le praticien en utilisant le logiciel mis à sa disposition, de l’augmentation éventuelle de sa redevance et de l’économie de personnel de secrétariat de l’établissement grâce à l’alimentation directe du DPI

  • Désigner au sein de l’établissement un référent DPI qui prend en charge aussi les problématiques des cabinets et qui sera l’interlocuteur des praticiens.

  • Orienter le choix du DPI établissement vers une solution qui intègre la gestion du cabinet du praticien libéral intégrant le traitement des FSE, le suivi des règlements et la transmission d’un journal des ventes au cabinet comptable.

  • Privilégier un DPI établissement développé en technologie Full Web pour en simplifier les accès et le déploiement.

  • Sélectionner un éditeur volontaire pour réaliser des prestations de reprise de données de logiciel de cabinet, même si celles-ci ne sont que partielles.

Cette réponse vous paraît-elle utile ?

Commentaires ( 1 )

SANCHEZ Laurent (OC Santé)
posté le 07/05/2019

Ce document reprend effectivement toutes les difficultés liées à ce type de projet. Nous y avons été confrontés au niveau du groupe Oc Santé… et nous avons finalement opté pour une autre solution !

Pour nous plusieurs écueils ont minés ce projet qui aurait pu se faire avec Hôpital Manager :
- Coût de la solution beaucoup plus onéreuse qu’une solution du marché
- Pas de fonctionnalités de FSE et de traitement de facturation
- Régressions fonctionnelles par rapport à leurs outils actuels de gestion de cabinet
- Manque d’adaptation aux spécialités de nos médecins

Nous avons privilégié un outil unique pour tous les praticiens et nous équipons les cabinets d'une solution qui va nous permettre à court terme (Juin 2019) d’interfacer tous les logiciels de cabinet de nos médecins (quel que soit le logiciel) avec HM.

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